Quand les Trophystes défient les pentes sablonneuses



Les équipages ont vécu ce mardi leur première journée de piste totale. Répartis sur deux boucles autour de l'Erg Chebbi de Merzouga, les Trophystes ont usé du road-book et de la boussole pour faire face aux redoutables bacs à sables. Une mission accomplie avec des fortunes diverses?

Si Roch Voisine s'imagine « seul sur le sable », les Trophystes ont bien vu que sur le 4L Trophy, on ne l'est jamais. Après avoir enfin pu profiter d'une nuit douce et au sec sur le bivouac de Merzouga, les 1200 équipages ont doucement quitté les tentes ce matin pour se jeter sur le petit déjeuner, « en terrasse » avec vue sur les dunes magnifiquement éclairées par les lumières matinales. Un bon café pour déborder d'énergie sur les deux boucles au menu du jour. Merzouga-Erg Chebbi pour certains (1 à 828), Merzouga-Oued Ziz (829 à 1631) pour d'autres. Ceintures bouclées, phares allumés, boussole et road-book en mains, les participants ont pris la piste dès 9h avec une grande faim de sable.

Mais attention, la grande compétition commence et une erreur de navigation ou un CP raté pourrait coûter très cher pour le classement. Et si les premiers kilomètres ont été avalés plutôt tranquillement, avec un passage remarquable devant le village fantôme dont les ruines les ennuis ont pointé leur nez sur la première grande difficulté du parcours. Le redoutable bac à sable du CS4... « On n'a pas su passer le bac à sable et on s'est ensablé, raconte Julie, tout essoufflée. Il faut pousser, il faut creuser. C'est très fatigant. Avec la chaleur et les efforts, je suis épuisée. Après, ce sont des bons moments à vivre. On s'en souviendra tout le temps. »

« Tu appuies sur l'accélérateur et tu gardes les roues droites »

Vous l'aurez compris, les Trophystes n'ont pas ménagé leurs efforts sur ce parcours d'une centaine de kilomètres. Beaucoup ont d'ailleurs mis la main dans le sable pour s'aventurer dans d'interminables fouilles archéologiques et désensabler leur voiture. Mais évidemment quand un équipage est en détresse, les Trophystes arrivent toujours à la rescousse. « On a voulu couper et on est tombé dans le piège, racontent Simon et Mathieu. On est resté bloqué dans le sable, mais des amis nous ont aidés. Du coup, on a fait une pause pour manger un peu. » C'est avant tout ça l'esprit 4L : l'entraide et le fun.

Un petit bivouac s'improvise alors abords du CS4, devant un merveilleux décor de western. Certains déjeunent, d'autres viennent proposer leurs services ou venir prendre des petites notes avant de se retrouver dans la fosse au lion. Contrôlant le passage des voitures, les commissaires de course n'hésitaient d'ailleurs pas à donner leurs petits conseils : « tu te mets en première, tu appuies sur l'accélérateur, tu fonces et tu gardes tes roues droites, sans t'arrêter ! » Sous l'?il attentif de Jean-Jacques Rey, qui supervise l'ensemble du parcours à bord de l'hélicoptère, les 4L ont fini par se glisser doucement vers la dernière grosse difficulté du parcours, le PK 55,5. L'ultime bac à sable de la journée.

« Mouvementé, mais épique ! »

Les Trophystes avaient beau être prévenus sur le road-book, avec la petite indication « Mou » (c'est-à-dire risque d'ensablage), ils n'ont pas manqué de se faire piéger par l'ocre marocain. Mais la détermination et la solidarité finissent toujours par payer. Et sous un coucher de soleil ravissant, les derniers Trophystes ont regagné le bivouac de Merzouga. Fatigués, mais très fiers de l'épreuve traversée. « C'était super, racontait avec un large sourire Estelle et Maxime. Mouvementé, mais épique ! On a adoré tout le long. On s'est pas mal débrouillé, donc on est assez fier de nous au final. Sur le road-book, il était marqué 100km. On a fait 100km tout pile, donc c'est parfait ! » Réponse dans le premier classement de ce 4L Trophy 2016 demain matin au petit déjeuner. Avec le nom des premiers leaders de cette édition.